Séminaire virtuel
de
philosophie du droit

sous l'égide de

LA CHAIRE UNESCO D'ÉTUDE DES FONDEMENTS PHILOSOPHIQUES DE LA JUSTICE ET DE LA SOCIÉTÉ DÉMOCRATIQUE au département de philosophie de l'Université du Québec à Montréal
Projet subventionné dans le cadre de
l'Université Virtuelle Francophone
de l'AUPELF-UREF

Système technicien, Mondialisation et Démocratie en Afrique

Lazare Marcelin POAME

Université de Bouaké, Côte d’Ivoire

ABSTRACT In observing the socio-economic and politico-cultural environment in Africa today, it appears clearly to us that the " système technicien " has not totally settled down on the continent ; that Africans are not yet ready to face globalization and finally, that the respect for the democratic ideal in this part of the world has not yet gone beyond the stage of intent.

But concurrently to the afro-pessimism, we believe that Africa can, if it sets about it in the right way, take up the great challenges of the 21st century subsumed under the concept of globalization. Contrary to the widespread ideas, globalization is not a mere effect of fashion, it is endowned for Africans with an acute historical signification, a necessity for survival.

Plan

ESSAI DE PROBLEMATISATION

Le système technicien a-t-il une existence effective et achevée en Afrique ?

Les Africains sont-ils prêts à entrer en acteurs dans la mondialisation ?

L’idéal démocratique de liberté qui se mondialise est-il vraiment respecté en Afrique ?

A cette triple interrogation, nous répondons sans détour non.

En effet, en observant le paysage socio-économique et politico-culturel de l’Afrique actuelle, il nous apparaît clairement que le système technicien ne s’est pas encore entièrement fixé sur ce continent, que les Africains ne sont pas encore prêts à affronter la mondialisation et enfin, que le respect de l’idéal démocratique sur ce point du globe n’a pas encore dépassé le stade de l’intention.

L’expression " pas encore ", apparue dans cet élément de réponse comme un leitmotiv, n’est pas fortuite. Elle traduit notre intention de rompre avec l’afro-pessimisme et de défendre l’idée que l’Afrique peut, si elle s’y prend bien, relever les défis de la planétarisation de la technique, de l’économie et de la démocratie, défis subsumés sous le concept de mondialisation.

Mais la surévaluation de l’économie dans les schémas explicatifs du phénomène de la mondialisation a eu pour effet de nous égarer davantage qu’à nous éclairer. Contre ces schémas explicatifs économocentrés, nous voulons rendre manifeste l’importance du système technicien dans le processus de mondialisation et susciter une prise de conscience du mode d’existence des objets techniques. Ainsi que le rappelle Gilbert Simondon, cette prise de conscience " doit être effectuée par la pensée philosophique, qui se trouve avoir à remplir dans cette œuvre un devoir analogue à celui qu’elle a joué par l’abolition de l’esclavage et l’affirmation de la valeur de la personne humaine " (Simondon, 1969, p. 9).

Etant donné qu’elle s’effectue par la pensée philosophique, cette prise de conscience, en même temps qu’elle dévoile la dynamique de la technè structurante dans la mondialisation, inscrit cette dernière dans une philosophie de l’Histoire.

I. LA NOTION DE SYSTEME TECHNICIEN

Y a-t-il un système technicien ? s’interrogeait Dominique Janicaud dans La puissance du rationnel, ouvrage publié en 1985. Aujourd’hui, avec le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication (existence réelle), avec les multiples allusions des auteurs philosophiques ou non au concept de système technicien (existence conceptuelle), la problématique de l’existence doit céder le pas à celle de l’essence. La question en effet n’est plus " y a-t-il un système technicien ", mais "qu’est-ce que le système technicien ? ".

Le concept de système technicien a été forgé par J. Ellul et c’est en référence à cet auteur que nous ferons usage de ce concept.

Ce que J. Ellul appelle système technicien est, sommairement défini, ce vaste ensemble technique dans lequel les sous-systèmes techniques sont interconnectés par des artefacts qui assurent la distribution de l’énergie et la circulation de l’information.

Mais on ne comprend rien de la réalité du système technicien sans rappeler à travers l’histoire des révolutions industrielles la spécificité de ce qu’on pourrait appeler la troisième révolution industrielle, celle opérée par les technologies de l’information.

La première révolution industrielle que les historiens situent de façon controversée entre la fin du XVIIIème et la première moitié du XIXème siècle, avait été marquée par la découverte d’une nouvelle source d’énergie, le charbon et par l’invention de nouveaux moyens techniques de transformation de cette énergie, la machine à vapeur.

Mais les espérances fondées sur cette énergie et les moyens (techniques) de son asservissement seront dépassés. Ainsi, à la fin du XIXème siècle, période qui correspond à l’avènement de la deuxième révolution industrielle, de nouvelles sources d’énergie furent découvertes : le pétrole et l’électricité.

Avec l’utilisation de ces formes d’énergie, la technique allait quitter la phase paléotechnique de son histoire et rentrer dans sa phase néotechnique : les machines devenant de plus en plus puissantes et de plus en plus précises, la forme concrète de cette combinaison de la puissance et de la précision fut la construction des moteurs à explosion.

La découverte de l’énergie nucléaire au XXè siècle fut interprétée comme ouvrant la voie à une troisième révolution industrielle. Nous récusons cette interprétation pour la simple et bonne raison que le nucléaire n’a pas véritablement supplanté les autres énergies comme le pétrole et l’électricité. C’est plutôt du côté de la maîtrise technique de l’information qu’il convient de chercher la voie de la troisième révolution industrielle. L’information prend désormais le pas sur l’énergie grâce aux nouvelles technologies de l’information en général et de l’informatique en particulier. Ce changement de registre fut surtout provoqué par les ordinateurs fonctionnant à la fois comme supports et distributeurs des informations (digitales) opérationnelles. La spécificité de ces machines réside entre autres dans leur capacité à se connecter entre elles et avec les autres machines. Les ordinateurs sont, d’après Ellul, " des facteurs de corrélation du système technicien " (1997, p. 114). Avant l’avènement de ces machines, " les grands ensembles techniques n’avaient que peu de relations entre eux : […] on ne pouvait parler du système technicien parce que tout ce que l’on constatait, c’était une croissance anarchique […] il y a eu grâce aux ordinateurs apparition d’une sorte de systématique interne de l’ensemble " (Idem).

Pour Ellul, les ordinateurs parachèvent la constitution du système technicien. Une des caractéristiques essentielles de ce système qui mérite ici d’être retenue est son universalité géographique. C’est la propension de la technique moderne à gagner progressivement toute la planète et à transformer le globe entier en une vaste mégalopolis dans laquelle nous reconnaissons ce que Gilbert Hottois (1984) désigne par le terme savant de ‘’technocosme’’.

L’un des signes les plus patents de cette universalité géographique est l’apparition de " réseaux complexes qui tissent un maillage parfois très serré, coextensif à des territoires excédant, éventuellement celui des Etats " (F. Tinland, 1990, p. 108-109).

Cette mise en lumière du processus d’expansion planétaire du système technicien devrait permettre d’en mesurer les conséquences sur la mondialisation de l’économie qui est au fond une mondialisation techno-économique.

II. LA MONDIALISATION TECHNO-ECONOMIQUE

II. 1. La mondialisation : l’autre nom de la " globalization " ou l’autre de la " globalization " ?

La mondialisation est la traduction française du terme anglais " globalization " apparu au milieu des années 80 aux Etats-Unis et dans le monde anglo-saxon. Comme c’est le cas dans toute traduction, le vocable de mondialisation ne saurait épuiser le sens que revêt la " globalization ".

En effet, située dans l’ordre des faits, la mondialisation, phénomène presque incontournable, désigne les interactions de plus en plus denses établies à l’échelle planétaire entre les sociétés, les activités techno-industrielles, économiques, politiques et culturelles. Au-delà des faits, la " globalization " est imprégnée d’idéologie.

Nous utiliserons donc à dessein le terme mondialisation non pas seulement pour défendre la langue française, mais aussi et surtout pour faire l’économie des polémiques liées aux dangers de la globalisation. Ces dangers qui ont fait l’objet d’une littérature abondante ont été lumineusement répertoriés dans une étude de J. C. Angoulvant (1997) publiée sous le titre : Modèle social européen, mondialisation et protection sociale. L’auteur en dénombre cinq.

  1. Le danger de la société consumériste où l’utilitarisme individuel tient lieu de morale civique.
  2. Celui de l’effacement des territoires comme " construit politique " (Bertrand Badie, 1995) permettant l’ordre républicain, au profit de régressions communautaires et d’une conception sanglante de la terre comme possession patrimoniale.
  3. Le danger économique d’une instabilité croissante des marchés (G. Soros, 1997) et du développement de l’économie du crime et de la délinquance.
  4. Le danger géopolitique d’une hégémonie mondiale utilisant au profit de sa force la " liberté " de jeu partout imposée, y compris sur les marchés locaux et fragiles.
  5. Le danger pour l’espèce humaine de livrer sa survie écologique, nucléaire et maintenant génétique aux aléas d’un jeu de marché indépendant d’instances politiques efficaces.

Ce tableau sombre d’une globalisation perçue par ailleurs à tort ou à raison comme assez caricaturale nous conforte dans notre choix du terme de mondialisation.

Devenue bien visible avec l’effondrement du bloc soviétique et le démantèlement du mur de Berlin, la mondialisation a été souvent présentée dans une acception économique.

D’où la prédominance, dans les débats et discours publics de l’expression " mondialisation de l’économie " pour décrire le processus de mondialisation en cours. La démonstration renvoie à une représentation de la mondialisation comme une vague " de libéralisation des échanges, des investissements et des flux de capitaux ainsi que l’importance croissante de tous ces flux et de la concurrence internationale dans l’économie mondiale " (BIT, 1996, p. 1).

Se référant toujours à la sphère économique, mais cette fois avec la prétention de gagner en précision, certains auteurs (en l’occurrence François Chesnais,1994) préfèrent parler de mondialisation du capital. Or, la catégorie du capital n’est pas moins équivoque.

Une analyse différenciée de la catégorie doit permettre d’y distinguer une triple réalité : le capital productif, celui engagé dans l’industrie au sens saint-simonien du terme, le capital commercial investi dans le négoce et la grande industrie et enfin le capital-argent , ce dieu argent lumineusement dépeint dans les écrits économico-philosophiques de Karl Marx. Mais ces trois aspects du capital doivent, selon Marx, être pensés comme " des éléments d’une totalité, des différenciations à l’intérieur d’une unité ". (Karl Marx, " Postface " à la Contribution à la critique de l’économie politique, 1954).

Le capital et avec lui le marché, voilà qui permet de justifier l’expression " mondialisation de l’économie ". Celle-ci, pour ramener le divers à l’unité, substitue à la logique d’indépendance celle de l’interdépendance. Cette logique avait été appréhendée au siècle dernier par Marx analysant les conditions d’expansion du système capitaliste : " par l’exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. Au grand désespoir des réactionnaires, elle a ôté à l’industrie sa base nationale. Les anciennes industries nationales ont été détruites, et le sont encore tous les jours. Elles sont supplantées par de nouvelles industries dont l’adoption devient, pour toutes les nations civilisées, une question de vie ou de mort ; ces industries n’emploient plus des matières premières indigènes, mais des matières premières venues des régions les plus lointaines et dont les produits se consomment non seulement dans le pays même, mais dans toutes les parties du monde. […] A la place de l’ancien isolement et de l’autarcie locale et nationale, se développe un commerce généralisé, une interdépendance généralisée des nations " (Karl Marx, 1962 ).

Mais ces changements qui, en s’amplifiant, ont pris aujourd’hui le nom de mondialisation de l’économie nous paraissent inséparables de la dynamique technologique.

Marx ne semblait pas ignorer ce lien entre technique et économie lorsqu’il faisait remarquer en substance que l’économie s’organise autrement selon les instruments dont elle dispose : " En général, écrit-il, la forme de l’échange des produits correspond à la forme de la production. Changez la dernière, et la première se trouvera changée en conséquence. Aussi voyons-nous dans l’histoire de la société le mode d’échanger les produits se régler sur le mode de les produire " (K. Marx, 1950, p. 88)

Quels sont aujourd’hui les rapports entre technique et économie et comment doivent-ils être perçus ?

II. 2.Le diptyque Technique / Economie

Depuis l’avènement des nouvelles technologies de l’information (N. T. I.), Technique et Economie ont tissé des relations extrêmement complexes apparaissant à la conscience des contemporains comme opacité. Ainsi, on a vu se succéder de nombreuses études sociologiques opérant des glissements sensibles allant du primat de l’Economie au primat de la Technique et inversement. Pis encore, certaines de ces études sont restées enfermées dans l’affirmation de la prééminence de l’Economie sur la Technique. Elles considèrent d’une part, la Technique comme un procès assujetti au procès d’accumulation du capital et d’autre part, l’idéologie d’efficacité comme une donnée strictement économique, à savoir le besoin de profit. En termes " savants ", disons qu’il s’agit là d’une subordination de la " raison technique " à la " raison commerciale ".

Ce genre d’analyse ne nous fait pas avancer. Le vrai problème est que Technique et Economie doivent être placées dans un rapport de détermination réciproque qu’on pourrait formuler en ces termes : la Technique se développe à partir des possibilités offertes par l’économie et le développement technologique permet la croissance économique.

Examinons de plus près ces deux fragments.

Commençons par faire remarquer d’une part que dans la dépendance de la technique à l’égard de l’économie, il faudrait pouvoir distinguer l’invention technique de l’application technique. La première (l’invention technique) en tant que phénomène imprévisible ne saurait être immédiatement liée à un niveau économique donné. De fait, l’invention technique dépend beaucoup plus des bases technologiques déjà acquises que de l’économie. En revanche, la dépendance se crée lorsque nous quittons le champ de l’invention pour passer à celui des applications techniques qui de toute évidence, suppose et exige la mise en œuvre de capitaux considérables.

D’autre part, affirmer que les applications techniques permettent la croissance économique, c’est lier de façon décisive la recherche technologique au développement économique. Or, cette relation semble être sujette à caution. Ainsi, pour les experts de l’OCDE, le lien entre la recherche technologique et la croissance économique est perçu comme une relation d’incertitude. Rappelons à cet effet que, tenant pour assuré le caractère incertain de cette relation, les Américains furent tentés de réduire les budgets consacrés à la recherche technologique, notamment ceux affectés à la NASA.

Mais ce que l’on oublie, c’est que cette incertitude de l’invention, bien que n’étant pas productrice de richesse certaine et immédiate, constitue en tant qu’incertitude une véritable source de richesses : elle est susceptible de produire les effets de richesse les plus imprévisibles, les plus extraordinaires.

Nous terminons en faisant remarquer que la mondialisation n’est pas qu’économique, qu’elle est précisément parlant, techno-économique, ce que traduisent aujourd’hui les expressions telles que " capitalisme électronique "(Zaki LAïDI,1998, p. 23) et en termes plus adéquats, " économie informationnelle mondialisée " (Manuel Castells, 1999, p. 103). Cette expression met ici en évidence l’importance des nouvelles technologies de l’information ; celles-ci, en permettant de surmonter les contraintes du temps de la production et de l’espace de distribution à travers les réseaux électroniques et autres supports techniques, constituent la trame de ce qu’on appelle abusivement mondialisation de l’économie. Nous convenons donc que la mondialisation est bien plus qu’un phénomène économique. C’est pourquoi, en même temps que la mondialisation techno-économique, l’on assiste aujourd’hui à une mondialisation de la démocratie.

III. VERS UNE DEMOCRATIE MONDIALE

Il est hors de doute que la démocratie moderne est en train de gagner, tranche par tranche, le monde entier. Dans cette transformation de la situation politique mondiale en faveur de la démocratie, le rôle des technologies de l’information et de la communication est considérable.

S’il est admis que la démocratie (pré)suppose entre autres la libération de la parole de chacun et la participation du citoyen aux prises de décision engageant la société tout entière, ceci ne devient (possible) effectif que si les citoyens sont suffisamment informés. A ce niveau, la technique en tant que moyen extraordinaire d’information et de communication est incontournable. Si en effet, avec les médias électroniques, les journaux y compris, la prise de parole qui était jadis le privilège des hommes politiques se démocratise, force est également de souligner que ces médias sont devenus eux-mêmes un espace politique privilégié, un passage obligé pour tous les partis politiques, qu’ils soient de gauche ou de droite. Les effets directs des médias électroniques sur les régimes politiques deviennent de plus en plus pesants : en faisant des sociétés contemporaines un village mondial où tout se sait, les nouvelles technologies de l’information et de la communication font peser sur les régimes politiques des contraintes qui se traduisent par la diffusion planétaire des règles du jeu démocratique et des exactions commises par les gouvernants. Mais dans ce processus de mondialisation qui contraint les dirigeants politiques à plus de transparence dans la gestion (qui n’est pas nécessairement synonyme de gestion transparente) des affaires publiques, le modèle démocratique dominant est la démocratie libérale. Celle-ci est présentée comme le " point final de l’évolution idéologique de l’humanité " et la " forme finale de tout gouvernement humain " en bref la " fin de l’histoire " (F. Fukuyama, 1992).

Qu’est-ce que cela signifie ? Pour le comprendre, il faut se référer à la philosophie de l’histoire qui sous-tend la thèse d’une fin de l’histoire et qui confère au mot histoire une acception toute singulière. A ce sujet, Fukuyama fait remarquer ceci : " Nombre de gens furent induits en erreur de prime abord par mon utilisation du mot " histoire ". Prenant ce mot au sens conventionnel d’événements qui arrivent, certains relevaient la chute du mur de Berlin […] ou l’invasion du Koweit par l’Irak comme témoignage que " l’histoire continuait " et que j’étais ipso facto dans l’erreur. Pourtant, ce dont je suggérais la fin n’était évidemment pas l’histoire comme succession d’évènements, mais l’Histoire, c’est-à-dire un processus simple et cohérent d’évolution qui prenait en compte l’expérience de tous les peuples en même temps. Cette acception de l’histoire est très proche de celle du grand philosophe allemand G. W. F. Hegel " (Idem).

Nous nous accordons avec Fukuyama pour soutenir l’idée d’un sens de l’Histoire. Autrement dit, l’histoire n’est pas un enchaînement aveugle d’évènements, mais une totalité significative. C’est cette conviction qui donne sens et consistance aux luttes menées à travers le monde en faveur de la démocratie : celle-ci est à considérer comme le point d’aboutissement de la marche historique de l’humanité.

Toutefois, contrairement à Fukuyama, nous pensons que le point d’aboutissement de cette marche historique n’est pas la démocratie libérale. Sauf si évidemment la fin de l’histoire se confond avec cette fin de millénaire.

Il est un fait indéniable, cette fin de millénaire aura été marquée par la croissance de l’économie libérale et de la démocratie libérale.

Ces deux systèmes ont en commun la liberté de l’individu. Mais quelle peut être la valeur d’une liberté prise dans l’engrenage d’une dynamique marchande ? C’est le sens de l’expression ’’démocratie de marché’’ forgée dans l’euphorie qui a accompagné le démantèlement du mur de Berlin. En surévaluant la logique marchande, on estime qu’il ne peut y avoir de démocratie sans marché, ce qui explique le triomphe de la démocratie libérale dans le processus de mondialisation en cours .

Dès lors, on est en droit de se demander si l’on peut raisonnablement considérer la démocratie libérale, ce système assujetti à la logique marchande comme la finalité des luttes politiques pour la liberté et l’égalité des citoyens.

Il faut s’efforcer de voir plus loin sinon autrement que le modèle libéral. Cet effort amorcé par le débat qui a cours aux Etats-Unis entre communautariens et libéraux, entre modèle républicain et modèle libéral de démocratie doit être poursuivi. Pour notre part, au-delà du modèle libéral, nous préconisons pour la suite de la marche historique de l’humanité, un projet politique qui réaliserait une belle synthèse entre libéralisme et social-démocratie, entre la liberté individuelle et la solidarité sociale. Ce projet politique, en s’affinant, va culminer dans le modèle habermasien de démocratie communicationnelle. C’est un modèle qui " s’appuie précisément sur les conditions de la communication dans lesquelles on peut supposer que le processus politique aura des chances de générer des résultats raisonnables parce qu’il s’effectuera alors dans toute son étendue, sur un mode délibératif " (Habermas, 1998, p. 267).

Si on convient que la démocratie, plus qu’une forme de gouvernement, implique une conception de l’homme, si on considère l’essence langagière de l’homme comme une essence des sens, si enfin on admet que le postulat fondamental de la démocratie est la parole libre et libératrice, la forme la plus achevée de l’essence langagière de l’homme, alors le modèle communicationnel devient, à bon droit, l’entéléchie la plus éloquente de la démocratie.

Cela dit, laissons l’histoire suivre son cours pour dévoiler progressivement le sens de cette anticipation. En attendant, interrogeons ce qui est, c’est-à-dire la mondialisation techno-économico-politique.

IV. l’AFRIQUE FACE A LA MONDIALISATION TECHNO-ECONOMICO-POLITIQUE

IV. 1. Entre intégration et marginalisation

Avec le phénomène de la mondialisation, notamment la mondialisation techno-économique, l’Afrique et plus précisément l’Afrique noire serait, à en croire certains auteurs, à la croisée des chemins. Elle aurait en effet à choisir entre " mettre en place un système proprement africain, qui tient compte de la condition humaine ou continuer à suivre, de façon aveugle, les directives des puissances industrielles sous la houlette des institutions internationales comme l’ONU, le GATT, la CNUCED, la FAO, l’OMS, l’OIT, la BIRD, le PNUD, l’ONUDI, le FMI, l’OCDE, l’UNESCO, les ONG ou les multinationales " (Calixte Baniafouna, 1996, p. 351).

Poser le problème de la sorte nous paraît inapproprié. Le problème en effet n’est pas de savoir si l’Afrique doit choisir entre le proprement africain et l’aliénation sans reste. Et lorsque Baniafouna souligne en substance qu’" il appartient aux Africains noirs de répondre " aux défis de la mondialisation " sans les pays industrialisés ou les institutions internationales " (Idem), il pose faussement le problème. Il semble oublier que la logique qui sous-tend le processus de mondialisation n’est pas celle de l’indépendance, mais une logique de l’interdépendance (entre les Etats) et de l’interaction (entre les différents sous-systèmes techno-économiques du globe) ; Dans un tel contexte, la solution de la déconnexion est illusionniste, car même en refusant son intégration au processus de mondialisation, l’Afrique ne peut se soustraire à ses effets.

De fait, choisir la voie de la marginalisation serait signer son arrêt de mort. Prise aujourd’hui dans l’engrenage d’une technicisation-industrialisation irréversible, l’Afrique ne peut s’épanouir en marge de la mondialisation techno-économique et du système politique qui l’accompagne. Elle doit s’y impliquer non en victime résignée, mais en acteur. Cela suppose bien entendu la mise en place d’un tissu industriel fiable, d’une économie compétitive et d’un régime politique stable et démocratique. Or, dans l’Afrique actuelle (à l’exception de quelques rares pays), l’économie est moribonde et la démocratie balbutiante. Autrement dit, l’Afrique offre le spectacle attristant d’une démocratie dans la misère et d’une misère démocratique.

IV. 2. Démocratie dans la misère et misère démocratique

La mondialisation, allait-on répétant, est une occasion favorable pour les populations africaines puisqu’elle contraint leurs dirigeants à plus de transparence, par exemple, dans la gestion des finances. Certes. Mais devant cette contrainte, les dirigeants africains ont affiné leurs stratégies de spoliation des masses laborieuses en réduisant le pouvoir d’achat des populations (réduction des salaires, augmentation drastique du prix du carburant et des denrées de première nécessité, augmentation de la TVA, etc.…).

Ainsi, pour préserver malgré tout leur train de vie, les gouvernants africains optent très souvent pour une démocratisation de la misère, mais tenez-vous bien, c’est une démocratisation par le bas (de la pyramide).

Et pour tromper le peuple plongé dans la plus grande pauvreté, la classe dirigeante se sert de la mondialisation, elle accuse les institutions internationales d’être la source du mal dont souffre le peuple. La cause du mal étant externe, le remède ne peut être trouvé qu’à l’extérieur sous forme d’aide économique étrangère.

Non contents de tromper le peuple, les dirigeants politiques africains veulent ruser avec les bailleurs de fonds internationaux en leur tenant le raisonnement suivant : pour une population qui vit dans la plus grande pauvreté, l’amélioration de ses conditions matérielles d’existence est pour elle une préoccupation plus pressante que la liberté d’opinion sans saveur qui ne nourrit pas son homme. Attentif aux préoccupations de cette population, l’Etat est contraint de différer la réalisation de l’idéal démocratique de liberté jusqu’à ce que la grande pauvreté qui frappe le plus grand nombre soit vaincue .

L’Etat croit pouvoir justifier de la sorte son mode de gestion autoritaire (des affaires publiques) qui subordonne la liberté de l’individu à la satisfaction des besoins matériels de la population. Il tente pour ainsi dire de détourner l’attention des institutions internationales de son incompétence, de sa malhonnêteté et des causes internes de la pauvreté.

Pour que cela change sans que l’histoire ne fasse de saut, a été inventé ce qu’il est convenu d’appeler transition démocratique.

IV. 3. Les transitions démocratiques

Les réactions des dirigeants politiques africains face aux injonctions des institutions internationales, aux contraintes de la démocratie mondiale et aux pressions internes (syndicats, partis politiques, armées etc…) peuvent être rangées sous trois grands registres :

- La transition démocratique au moyen des conférences nationales qui sont de grands rassemblements politiques nationaux démocratisant la prise de parole en vue du renouvellement pacifique du corps politique. Sur ce sujet, on pourra consulter avec profit l’ouvrage de Fabien Eboussi Boulaga (Les conférences nationales en Afrique noire : une affaire à suivre, 1993), l’œuvre de Francis Akindès (Les mirages de la démocratie en Afrique subsaharienne francophone, 1996) et la contribution de Yacouba Konaté (Parole et démocratie. Conférence nationale : consensus sur le différend, 1997).

- La transition démocratique par des élections souvent piégées (des urnes opaques bourrées la veille des élections, manipulations des listes électorales etc…).Ici encore, nous nous permettons de renvoyer à l’ouvrage de F. Akindès.

- La transition démocratique par les armes.

Ce troisième cas de figure retiendra particulièrement notre attention. Nous l’examinerons en polarisant nos vues sur le " modèle " ivoirien qui est non seulement d’actualité, mais aussi et surtout postérieur à l’œuvre de F. Akindès (1996) historiquement réduite au silence sur ce sujet.

Une transition démocratique par les armes n’est-elle pas une contradiction dans les termes ? Dès lors que les armes (de guerre) interviennent, une transition peut-elle être raisonnablement qualifiée de démocratique ?

En réponse à ces interrogations, bien des Africains commentant le coup d’Etat intervenu en Côte d’Ivoire le 24 décembre 1999, soutiennent qu’en Afrique, les militaires ne font pas de coup d’Etat, ils viennent restaurer la démocratie en accélérant la période de transition qui n’aura fait que trop durer.

Ainsi, nombreux furent les Africains et les Ivoiriens qui saluèrent l’action des soldats ivoiriens interprétée comme l’occasion unique de mettre un terme à la dictature d’un pouvoir quarantenaire.

Mais très tôt, des ivoiriens qui avaient applaudi les " putschistes " commencèrent à crier à la trahison. Dans la presse ivoirienne, certaines réactions de la population indignée pouvaient être ainsi résumées : le gouvernement de transition formé à l’issue du coup d’Etat s’est transformé en gouvernement de trahison.

La leçon à tirer de ces réactions contradictoires est qu’il paraît trop tôt pour distribuer louanges et anathèmes. On peut cependant reconnaître aux putschistes le mérite d’avoir réussi ce coup de force sans effusion de sang si et seulement si l’on nous convainc de ce que le recours à la force était l’unique moyen de mettre un terme à l’autoritarisme triomphant. En tout état de cause, le cas de la Côte d’Ivoire, comparé au coup d’Etat sanglant du Mali (plus de 250 morts), est tout à fait exemplaire. C’est une occurrence extraordinaire qui doit donner à penser aux observateurs critiques de la scène politique africaine.

Mais aussi longtemps que nous aurons des militaires au sommet de l’Etat, l’arme de la critique devra se radicaliser et se polariser sur la critique des armes. Le jeu de cette substitution requiert une vigilance mondiale multiforme qui prend les dénominations de bonne gouvernance et d’éducation à la démocratie.

IV. 4. Bonne gouvernance et Education à la démocratie

Pendant longtemps, les bailleurs de fonds internationaux avaient cru que le remède à la misère africaine était essentiellement économique. Cette croyance fut partagée par bien des chefs d’Etats africains qui, au début des années 90, formèrent des gouvernements de technocrates.

Mais l’insuccès économique constaté malgré le flux financier qui a irrigué le continent africain fit frémir les institutions internationales qui prirent conscience des limbes d’une vision technocratique de la misère africaine. Très vite, elles avaient compris que cette misère avait aussi et surtout des origines politiques.

Pour exprimer cette irruption du politique dans une sphère jadis réduite à l’économique, a été forgé le concept de bonne gouvernance ainsi défini par la Banque mondiale (1989) : un " exercice du pouvoir politique […] requérant une structure institutionnelle pluraliste, la liberté de la presse et les droits de l’homme ". La Banque mondiale et avec elle presque toutes les institutions internationales identifient désormais la misère africaine comme crise de gouvernance.

Pour juguler cette crise, au moins deux solutions s’imposent. La première est d’ordre technique et d’une évidence banale : suspendre l’aide financière accordée jusque-là aux régimes dictatoriaux. Mais cette pression, à y voir de plus près, affecte moins la " minorité pilleuse " que l’immense majorité de la population qui vit des miettes tombées des repas des gouvernants. Cette contrainte pourrait ainsi se retourner contre ceux qu’elle avait pour but de protéger. Elle pourrait même se retourner contre les bailleurs de fonds si le dictateur se révèle assez habile pour dresser le " dèmos " ignorant contre l’étranger.

Or, pour espérer produire les effets attendus de la part des bailleurs de fonds, il faut un " dèmos " éclairé et déterminé.

C’est pourquoi, au-delà de la solution technique, il faut envisager une solution pédagogique, c’est-à-dire l’éducation à la démocratie.

La démocratie est une grande aventure humaine de la liberté. Cette liberté n’étant ni occidentale, ni asiatique, encore moins africaine, il serait déraisonnable ou fou d’en faire l’apanage d’un groupe, d’une race. Il ne faut donc pas s’attendre à trouver ici des développements sur une éducation à la démocratie africaine, une spécificité qui fonctionne comme le pudique cache-sexe servant à couvrir notre misère démocratique, notre incapacité (ponctuelle) à nous approprier les valeurs démocratiques universelles parmi lesquelles la liberté.

Mais autre chose est de vouloir être libre et de l’être, autre chose est de savoir jouir de cette liberté. Il faut en effet apprendre au peuple à jouir de sa liberté dans un Etat de droit où le citoyen a non seulement des droits mais aussi des devoirs. Sans cet apprentissage, on court le risque de voir la liberté se muer en libertinage et la démocratie se transformer en licence.

Mais à qui incombera la lourde tâche d’assurer un tel apprentissage ?

Il y a d’abord ceux dont le métier ou la fonction est de travailler les concepts de liberté et de démocratie, d’étudier les conditions de leur réalisation idéale et de former des hommes et des femmes libres. Pour l’accomplissement de cette tâche, les philosophes, les spécialistes de sciences politiques, les juristes et les sociologues nous paraissent tout à fait indiqués. Comme philosophe, notre contribution ne peut être que philosophique, ce qui revient à dire qu’elle doit être cherchée dans l’enseignement de la philosophie, ce qui par contrecoup rend ici inopportun un discours programmatique sur l’éducation à la démocratie.

Viennent ensuite les personnes qui, formées aux humanités, cherchent à en tirer le meilleur parti pour les militants de leur parti et pour le reste de la population.

Il y a enfin tous ceux qui, ayant intériorisé les valeurs démocratiques universelles et aidés en cela par le simple bon sens, cherchent à faire du " vivre-ensemble-sans-heurt " la chose du monde la mieux partagée.

Mais en évoquant l’idée d’une éducation à la démocratie, l’attention reste trop souvent polarisée sur le peuple, ce qui a pour effet de faire oublier le besoin de formation des leaders politiques africains. Les événements en cours sur le continent montrent à quel point ces leaders ont besoin d’être formés. Pour tenter de réparer très modestement et très humblement cet oubli, nous donnons à méditer à ces leaders cette phrase simple qui ne sera certainement pas comprise comme une simple phrase : vouloir gouverner, c’est accepter d’être gouverné à son tour, non par le bruit des bottes, mais dans le silence des urnes transparentes.

Considérations finales

Le système technicien, dans sa dynamique d’expansion planétaire, a pris une part décisive dans le phénomène de la mondialisation.

Comme support matériel et immatériel de l’internationalisation de la production des biens et des services, il a favorisé la mondialisation de l’économie. Sous la forme plus connue de nouvelles technologies de l’information et de la communication, en servant à la diffusion planétaire des principes de la démocratie, puis en faisant éclater au grand jour les contradictions des régimes dictatoriaux ainsi que la misère économico-politique des peuples africains, ce système s’est révélé déterminant dans le processus de mondialisation de la démocratie.

Contrairement aux idées largement répandues, la mondialisation n’est pas un piége à éviter, elle n’est pas non plus un simple effet de mode, elle est pour les Africains dotés d’un sens aigu de l’histoire, une nécessité de survie.

Certes, le processus de mondialisation se développe sous nos yeux de manière inégale, mais nous devons savoir que ce processus reste ouvert, que nous en sommes à une étape somme toute provisoire. Cette étape, pour être franchie, requiert de la part des pays pauvres et particulièrement des pays africains un effort d’appropriation mentale de la technique moderne et de la mondialisation.

 

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Lazare Marcelin POAME

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