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2 mars 2013
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Deux siècles de lutte pour la tolérance

Josiane Boulad-Ayoub

Dictionnaire de l’Académie, édition de 1798, entrées TOLÉRANCE, TOLÉRANTISME.

Ces définitions qui distingue pour la première fois entre tolérance civile et religieuse laissent présager l’avenir auquel était promise la valeur d’universalité associée à la tolérance tout en réfractant, en même temps, l’évolution des mœurs, des sensibilités et des lois déclenchée par la solennelle Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.
Qu’on en juge :

— TOLERANCE, se dit en matière de Religion, pour dire la permission de professer une opinion, d’exercer un culte. Tolérance ecclésiastique. Tolérance civile.
— La Tolérance Ecclésiastique ou Religieuse consiste à ne point traiter d’erreur nuisible au salut certaines opinions ou certains points de pratique [...].
— La Tolérance civile est la permission que le Prince ou l’État donne de professer telle opinion, d’exercer tel culte, de n’en professer aucun, sans aucune contrainte à cet égard.

Encore plus significative, peut-être, est la nouvelle définition, vengeant les Philosophes, qui apparaît du terme tolérantisme :
— TOLÉRANTISME, substant. masc. se dit en Théologie du système de ceux qui étendent trop loin la Tolérance Religieuse. Cette Tolérance dégénère en Tolérantisme. Il s’est dit aussi, mais à tort, des partisans de la Tolérance Civile. Celle-ci n’est point un système, c’est un principe et un droit.

Si nous entendons aujourd’hui le concept de tolérance dénué de toute qualification péjorative, nous le devons en effet au discours de la modernité philosophique, tel que celui-ci l’a lent ement façonné, et fini par imposer : la tolérance est un principe et un droit.

Ce vaste mouvement de sécularisation, au nom de l’universalité et de l’idéal jusnaturaliste, commence certes avant le « siècle de la critique ». Il se forme d’abord au moment où naît l’État « centralisateur », dans les interstices des projets globalisants mais contradictoires des saints empereurs et des papes. La faillite de la romania catholique, que la Réforme consacrera, et malgré la Contre-Réforme, sécrètera lentement les ingrédients de la laïcisation et permettra la naissance du discours sur la démocratisation de l’ordre juridique.

[Lisez la suite dans le document joint]

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